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L'Ecole de Santé

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    Depuis 1856, l'École de Santé a formé près de 12.800 élèves; Parmi ceux-ci, 

-Le premier Prix Nobel de Médecine Français : A. LAVERAN

 -Le Précurseur de la découverte des antibiotiques, E. DUCHESNE

  -LACASSAGNE, le fondateur de la médecine légale française;

 - H. FOLEY, qui a trouvé le vecteur de la fièvre récurrente, et du typhus exanthématique

Le vainqueur de la maladie du sommeil, JAMOT...(prochainement)

 Tous appartiennent désormais à l'histoire de la médecine française. Nous vous proposons de découvrir leur destin exceptionnel.

 

 

Alphonse LAVERAN

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Laveran est né le 18 juin 1845 à Paris, au coeur du Quartier Latin, tout près du Val-de-Grâce, où son père, médecin militaire et professeur, occupait la chaire des "maladies et épidémies aux armées".

Après avoir fait ses études classiques au collège Sainte Barbe, puis au lycée Louis le Grand, le jeune Laveran intègre en 1863 limicole du Service de Santé Militaire de Strasbourg, dont notre école de Lyon puis de Lyon-Bron est l'héritière directe, comme en témoigne la symbolique de votre insigne de tradition. Il suit dès lors les cours de la faculté de médecine de Strasbourg. Nommé interne des hôpitaux en 1866, il soutient en 1868 sa thèse de doctorat et rejoint aussitôt l'Ecole d'Application du Val-de-Grâce. A l'issue en 1869, il est affecté à l'armée de l'Est et participe aux combats de Gravelotte puis au siège et à la capitulation de Metz. Rapatrié sanitaire, il peut néanmoins rentrer en France et servir à l'Hôpital Militaire de Lille jusqu'à la fin des hostilités. Après la capitulation de Paris, il reprend en mars 1871 son poste à l'hôpital Saint Martin où il soigne les blessés lors de l'insurrection de la Commune.

Affecté en 1873 au 10' Hussard à Pontivy, Laveran prépare l'agrégation du Val-de-Grâce qu'il obtient l'année suivante en compagnie de Lereboullet et Lacassagne (c'est la célèbre promotion des 3 a).

Condisciple de Laveran à Strasbourg, Alexandre Lacassagne fut nommé en 1888 professeur de médecine légale à Lyon et la ville, en donnant son nom à une grande avenue, a rendu hommage à celui qui est considéré comme le créateur de la méthode médicolégale. Mais les relations lyonnaises de Laveran ne se limitent pas à son amitié pour Lacassagne. Jeune agrégé du Val-de-Grâce dans la chaire inaugurée par son père, il écrit non seulement un traité d'épidémiologie militaire, mais édite également en 1879, en collaboration avec le professeur J. Teissier de Lyon, un ouvrage de médecine interne fort prisé à l'époque.

En 1878, son temps d'agrégation terminé, Laveran est affecté aux hôpitaux de la division de Constantine, et successivement à ceux de Bône, Biskra et Constantine, où il est promu en 1879, médecin major de 1" classe. C'est à Constantine, en 1880, que Laveran décrit dans le sang d'un soldat paludéen, des corps sphériques pigmentés identifiés à l'hématozoaire du paludisme, découverte fondamentale aussitôt rapportée à l'Académie de Médecine et à l'Académie des Sciences. En 1882, en Italie il retrouve les mêmes éléments parasitaires chez les paludéens de la campagne romaine.

En 1884 et pendant 10 ans, Laveran devient au Val-de-Grâce le quatrième titulaire de la chaire "d'hygiène militaire" dans laquelle il succède à Edmond Vallin, qui fut en 1888, le 

premier directeur de l'École de Santé de l'Avenue Berthelot. Durant cette période, le professeur Laveran développe un vaste programme d'enseignement pratique et écrit un remarquable traité d'hygiène. Élu à l'Académie Nationale de Médecine en 1893, puis à l'Académie des Sciences, il reçoit la médaille de Jenner décernée par la Société Épidémiologique de Londres.

Après avoir été promu Médecin Principal, Laveran arrivé au terme de son mandat professoral, demande une affectation proche de Paris, lui permettant sans nuire à ses fonctions médicomilitaires, de poursuivre ses recherches. Les autorités hiérarchiques de l'époque, prenant ombrage de sa notoriété scientifique, au lieu de répondre à cette légitime attente, confient à Laveran la chefferie de l'Hôpital Militaire de Lille puis la direction du Service de Santé du Xle corps d'Armée à Nantes. Privé d'un service hospitalier susceptible d'alimenter ses recherches et d'un laboratoire pour les mettre en oeuvre, l'illustre savant demande à regrets et obtient en 1886, à 50 ans, sa mise à la retraite du Service de Santé de l'Armée.

Ducloux et Roux l'accueillent alors à l'institut Pasteur et débute alors pour ce prestigieux chercheur, une deuxième carrière pastorienne toute consacrée à la médecine parasitaire. Le paludisme y occupe naturellement une place privilégiée. Ardent défenseur de Donald Ross, Laveran montre qu'en Camargue et en Corse, les localités infestées par la malaria sont des zones de prédilection des anophèles. La transmission de l'hématozoaire par le moustique étant finalement admise, Laveran s'implique fortement dans la lutte antimoustiques mais il consacre aussi des travaux essentiels aux trypanosomes et aux leishmanies.

En 1907, il fonde la Société de Pathologie Exotique qu'il présidera pendant 12 ans et qui prochainement honorera un autre prestigieux ancien de notre école, le Médecin Général Léon Lapeyssonie.

C'est en 1907, que l'institut royal Carolin de Stockholm décerne à Alphonse Laveran le prix Nobel de physiologie et de médecine pour l'ensemble de ses travaux sur le rôle des protozoaires comme agents infectieux. Le montant du prix sera utilisé pour l'installation à l'institut Pasteur d'un laboratoire "des maladies tropicales" où désormais vont converger du monde entier les observations faites en parasitologie humaine. L'illustre savant est alors très souvent à l'honneur. Membre de très nombreuses sociétés savantes nationales et étrangères, ses mérites sont partout célébrés en Europe, en Amérique et en Asie. Jusqu'à sa mort en 1922, Laveran continuera ses recherches à l'institut Pasteur.

Savant de renommée mondiale, admirable ouvrier de la science, votre parrain a aussi laissé le souvenir d'un Médecin et d'un Officier de haute valeur morale. D'un abord froid, peu disert, mesuré, prudent, juste et bon, il alliait la réserve conjuguée de l'homme des Flandres et de la Lorraine. Totalement désintéressé, d'une indépendance morale absolue, il est allé, étranger à l'opinion des autres, jusqu'au bout de la voie de chercheur qu'il s'était tracée.

Des lieux, des monuments, des rues, des villages, portent le nom de Laveran. L'hôpital d'instruction des armées de Marseille a repris son nom après celui de Constantine. La Promotion 1994 de l'ESSA l'a choisi comme Parrain.

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Ernest DUCHESNE

Tous les hommes qui ont contribué à la découverte puis à la fabrication de la Pénicilline ont droit à la gratitude universelle

 

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    Des noms prestigieux jalonnent le parcours de ces recherches qui vont se heurter à deux reprises, à une trentaine d'années d'intervalle, à l'indifférence ou à l'incompréhension du monde scientifique, mais vont enfin connaître, au début de la deuxième Guerre Mondiale, un essor fantastique. Si Alexander FLEMING connut la consécration de son vivant avec l'attribution en 1945 du Prix NOBEL de Médecine, d'autres sont restés très longtemps méconnus. C'est le cas d'Ernest DUCHESNE, élève de cette École, qui à Lyon même dans le laboratoire d'hygiène de la ville, tenu par son maître Gaston ROUX, a signé en 1897, avec sa thèse, le véritable acte de naissance de la pénicilline. Que son travail soit tombé de nombreuses années dans l'oubli n'y change rien, son antériorité est tout à fait établie.

Ernest DUCHESNE est né à Paris le 30 mai 1874. Très tôt attiré vers les Sciences Naturelles, il participe au concours général. En 1894, il est admis à l'École du Service de Santé Militaire, qui occupe depuis peu ses nouvelles installations à Lyon. Il est reçu Docteur en médecine à 23 ans, avec pour sujet de thèse : « Contribution à l'étude de la concurrence vitale chez les microorganismes, antagonisme entre les moisissures et les microbes ». 

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Un exemplaire original de cette qualifiée de "Prophétique" est conservé dans la salle de Tradition de l'École de Santé.

En 1898. il accomplit son stage d'application au Val de Grâce. à l'issue duquel il reçoit sa première affectation, comme aide major de 2e classe, puis de lere classe, à Senlis au 2e Régiment de Hussards.

Une première et sérieuse attaque de la maladie qui l'emportera impose sa mise en congé jusqu'en juillet 1904. Il reprend du service au 105e Régiment d'Infanterie à Riom, puis au 92e à Clermont-Ferrand et enfin à l'hôpital thermal de Vichy. Il est promu médecin major de 2e classe en 1907. Mais sa santé ne fait que décliner et le 25 novembre de cette même année il est placé de nouveau en disponibilité. Il se retire d'abord en Auvergne, puis séjourne dans divers centres climatiques avec pour dernière étape Amélie-les-Bains où il décède, ignoré de tous le 30 avril 1912. Il n'a pas encore trente huit ans.

La carrière scientifique de DUCHESNE est très brève. Il n'est l'homme que d'une seule, mais combien importante expérimentation, celle qui le conduit au titre de Docteur en Médecine. Jamais plus il ne reprendra le chemin du laboratoire. De son côté Gaston ROUX ne comprendra pas l'importance du travail qu'il avait inspiré. Par manque d'intuition, sans doute, il ne donnera aucun article à la presse médicale, qui soit susceptible d'attirer l'attention du monde de la recherche. On réalise que de nombreuses années auraient pu être gagnées dans le combat contre l'infection.

A l'époque où DUCHESNE entreprend l'étude qui lui a été confiée, l'antagonisme entre moisissures et microbes est connu, mais la conviction du moment est, qu'en général, leur combat se termine par la victoire des microbes. Son mérite est grand de ne pas accepter cette conception pour définitive et de poser, avec une clarté lumineuse, l'interrogation suivante si riche de promesses

« Ny a-t-il pas des cas où les moisissures peuvent triompher et sinon tuer les bactéries, du moins paralyser certains de leurs effets nocifs ». L'expérimentation sera courte mais rigoureuse. Il inocule deux cobayes, l'un avec une culture de bacterium coli l'autre avec une culture de bacille typhique. Tous deux meurent rapidement. Dans les jours qui suivent, deux autres cobayes reçoivent les mêmes inoculations avec en plus une culture de pénicilium glaucum. Cette fois ils survivent au prix d'une simple hyperthermie.

Le premier traitement à la pénicilline, même s'il n'est qu'expérimental, vient d'être administré. Le dernier chapitre des conclusions de la thèse de DUCHESNE est prophétique. Écoutons-le :

« On peut donc espérer qu'en poursuivant l'étude des faits de concurrence biologique entre moisissures et microbes, étude seulement ébauchée par nous et à laquelle nous n'avons d'autre prétention que d'avoir apporté ici une très modeste contribution, on arrivera, peut‑être, à la découverte d'autres faits directement utiles et applicables à l'hygiène prophylactique et à la thérapeutique ».

La suite est bien connue. En 1928, ignorant tout des travaux de DUCHESNE, Sir Alexander FLEMING retrouve le chemin de la merveilleuse découverte. Ses constatations, ses déductions se heurtent de nouveau à l'indifférence ou au scepticisme de ses contemporains et il faut attendre le début du second conflit mondial pour qu'enfin le monde puisse voir s'ouvrir, avec la pénicilline, une ère thérapeutique nouvelle, d'une richesse et d'une efficacité prodigieuses : celle des antibiotiques.

La Promotion 1983 de l'Ecole de Santé porte son nom. 

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   fanion de la Promotion Duchesne

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Alexandre LACASSAGNE

"Alexandre Lacassagne n'est pas un homme, c'est un monde" (Attribué à Alphonse Daudet)

 

lacas ovale.jpg (108694 octets)    Strasbourg l'a accueilli en 1864 dans la huitième promotion où figurait également Alphonse LAVERAN, futur prix Nobel. Il avait alors 20 ans et venait de quitter son Quercy natal, sa famille, son père qui tenait l'Hôtel Impérial à Cahors, sa mère laquelle il vouât une véritable vénération et ses deux frères. Il devint interne des hôpitaux et s'initia à la médecine légale comme préparateur du professeur TOURDES. Il restera tout au long de sa vie très attaché à ses années de formation dans cette École qu'il retrouve 1 an après sa thèse soutenue en 1867 sur les effets psychologiques de l'anesthésie par l'éther et après son passage à l'École d'Application du Val de Grâce. Il y est nommé répétiteur de pathologie générale et médicale et le restera jusqu'en 1872 alors que la capitulation de Strasbourg en 1870 va contraindre les élèves et cadres de l'École à se replier auprès de la faculté de Montpellier. Souvent, en la désignant sous le terme affectueux de alma mater, il aura plaisir à se rappeler ses années de formation mais aussi les affres du siège de la ville. 

    L'École du Service de Santé militaire étant définitivement dissoute, le parcours de Lacassagne devenu médecin-major va prendre des allures plus chaotiques. Le voici tout d'abord en Algérie à Sétif dans un régiment de «joyeux». Sur ces soldats qui n'étaient pas au mieux avec la justice, il va débuter une étude sur les tatouages et leur signification mais aussi se lancer dans l'anthropologie en réalisant des travaux de mensurations sur des centaines d'entre eux. Il exploitera plus tard ces résultats. Il prépare en même temps le concours d'agrégation du Val de Grâce qu'il va réussir en 1874 dans la chaire d'hygiène et de médecine légale. Au bout de ses 5 années d'enseignement il est de retour sur la terre algérienne à Aumale puis à Médéa. Ses dons et ses goûts d'enseignant n'y trouvent pas leur plein épanouissement. Il postule pour un recrutement de professeur de faculté, tout d'abord à Alger puis à Lyon où il sera titularisé en 1880. Il cumule alors pendant 10 ans des fonctions hospitalières militaires dans le service des maladies contagieuses de l'hôpital de la Nouvelle Douane devenu hôpital Desgenettes en 1888 avec les fonctions de professeur de médecine légale.

En 1890, le médecin major de 1ère classe LACASSAGNE quitte définitivement le service actif et se voit affecté dans l'armée territoriale. En 1903 il est promu médecin principal de 2e classe et mis à la disposition du gouverneur de Lyon à la mobilisation. Enfin il fut de 1914 à 1918 délégué du Directeur du Service de Santé auprès des Hospices Civils de Lyon. Dès 1913 il avait quitté ses fonctions d'enseignant et était entré dans ce qu'il célébra comme la «verte vieillesse». En 1924, victime d'un accident de la voie publique, il décéda quelques mois plus tard et fut autopsié ainsi qu'il l'avait souhaité. Il avait 81 ans.

Il aurait pu être algérois, montpelliérain c'est lyonnais qu'il fut, Alexandre LACASSAGNE devint donc lyonnais et même un notable lyonnais. Il raconte qu'il s'était déjà arrêté au bord du Rhône en 1870 au cours de l'évacuation d'un convoi de blessés du siège de Strasbourg par la Suisse. Son retour en terre lyonnaise, il le dut d'abord à sa notoriété, à des appuis extérieurs efficaces dont celui de Léon GAMBETTA et à la transformation du paysage universitaire. Aux trois facultés de médecine existant en France : Paris, Montpellier et Strasbourg, réduites à 2 après la chute de Strasbourg en 1870, vinrent s'ajouter un certain nombre de facultés mixtes de Médecine et de Pharmacie dont celle de Lyon en 1877. Ni l'autorité militaire ni le milieu universitaire lyonnais n'applaudirent vraiment à cette arrivée ; cependant, malgré de nombreux prétendants, le voilà installé dans la chaire de médecine légale.

Désormais il va vaincre toutes les résistances et prendre une place éminente dans la faculté et dans la ville de Lyon. Il sera d'abord un enseignant mais aussi un médecin d'expertise, et tout à la fois homme public et grand érudit. Enseignant il le fut en médecine légale et en criminologie par ses cours très appréciés aussi bien au Val de Grâce que plus tard à la faculté, par les nombreux congrès auxquels il a participé et par les Archives d'Anthropologie Criminelle qu'il fonda en 1886 et dirigea pendant 29 ans. Il inspira pas moins de 225 thèses, rédigea de nombreux ouvrages fondamentaux souvent réédités. Il devint en fait le maître à penser de la médecine légale en France faisant en particulier front aux thèses de l'Ecole italienne qui derrière Cesare Lombroso, autre médecin militaire originaire de Vérone, affirme que l'«homme criminel» peut être identifié grâce à des anomalies anatomiques. Alexandre LACASSAGNE et l'école française vont insister résolument sur le rôle prépondérant de l'environnement social dans la survenue de la délinquance criminelle. Il est l'auteur du célèbre aphorisme «les sociétés ont les criminels qu'elles méritent». N'oublions pas l'hygiène, domaine privilégié où il administra également la preuve de ses qualités éminentes de pédagogue.

Il fut dans le même esprit un médecin expert de tout premier plan et certains de ses rapports prennent parfois l'allure de bestseller du roman noir, ainsi la macabre affaire Gouffé où sa rigueur scientifique sut se montrer exemplaire dans le recueil des indices et la conduite de l'argumentation pour éclairer la marche de la justice. L' assassinat de Sadi CARNOT à Lyon le 23 juin 1894 contribuera avec bien d'autres événements à mettre son nom sous les feux de l'actualité. Sur ce métier d'expert, il a laissé de précieuses réflexions qui n'ont rien perdu de leur pertinence. Citons le : «il faut surtout que le médecin-expert soit pondéré, sachant douter, ayant pour guide la raison et la science, ces deux maîtres de notre conscience

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En 1882, il épousa la veuve d'un chirurgien major de l'Antiquaille. Ils eurent 3 enfants : une fille qui devait épouser un ancien élève et futur directeur de l'École de l'avenue Berthelot, Albert POLICARD et 2 fils, médecins éminents l'un en dermatologie et l'autre en cancérologie.

 Il fut à travers ses prises de position  et ses écrits une voix avisée souvent sollicitée  par les responsables de la cité, le projet de la  création d'une morgue en est un exemple.  Mais surtout il s'impliqua pour le choix de  Lyon comme site de la nouvelle École en  témoignant qu'il a pu «être utile dans la  préparation de l'accord qui est survenu en  1888 entre la municipalité et le ministère Il  participa à la vie artistique de la ville, et fut très connu comme amateur d'art fréquentant assidûment les antiquaires. Il se trouva ainsi à la tête d'importantes collections dont une partie fut regroupée dans le musée d'histoire de la médecine qu'il créa. Il ne rassembla pas moins de 12.000 ouvrages et manuscrits dans sa bibliothèque dont il fit don à la ville de Lyon. Il participa activement à la vie et parfois à la création de nombreuses sociétés scientifiques ou littéraires tant au niveau lyonnais que national. En 1900, il est promu officier de la Légion d'honneur, en 1902, élu membre associé de l'Académie de médecine.

Son goût de la littérature, en particulier latine, transparaît à travers ses citations, son ex-libris ou même ses travaux sur les empereurs romains. Cette quête profondément humaniste alliait le souci de la justice, la finesse de l'analyse psychologique et la curiosité toujours en alerte de l'investigateur. On le verra par exemple s'interroger aussi bien sur la responsabilité médicale que sur la relation des médecins militaires avec la clientèle civile ou l'origine bourgeoise des médecins.

Il y a déjà une centaine d'années, parlant de la place de la femme dans la société, il écrivait prévoir toute la part croissante qu'elle allait prendre «avec une éducation qui tend à devenir semblable à celle de l'homme».

Dans le très grand mouvement de sa vie professionnelle et sociale, LACASSAGNE n'avait pas perdu le souvenir ému de ses années de Strasbourg. Il n'hésitait pas à témoigner, non sans humour, de ce que la médecine militaire avait pu lui apporter : «d'abord elle m'a imposé, au moment de la fougue, une discipline dont j'avais besoin. Plus tard, elle m'a procuré les loisirs qui permettent de préparer les concours et d'effectuer les travaux personnels."

(Biographie extraite du discours du MGI Seigneuric lors du Bâptème de Promotion)

 

La Promotion 1999 l'a choisi comme Parrain.

 

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Henry Foley

 

foley1.jpg (139938 octets)Né à Vignory (Haute Marne) le 11 avril 1871, Henry Foley est admis à l'École de Santé n Militaire de Lyon le 25 octobre 1892.

Il est le 346ème élève de l'École et appartient à sa 7ème promotion. Reçu docteur en médecine en 1895, il rejoint l'école d'application du Val de Grâce. Après avoir été rattaché à divers régiments métropolitains, le Médecin Major de 2ème classe H. Foley est affecté au 2ème régiment de Zouaves de El Aricha en 1903, puis aux hôpitaux d'Oran jusqu'en 1906. A la demande du Général Lyautey('), Foley se rend à Beni-Ounif de Figuig pour diriger l'infirmerie indigène, dont il modifiera profondément l'organisation faisant appliquer de plus strictes règles d'hygiène notamment, et pratiquant couramment la vaccination des populations. Il y découvre la splendeur du Sahara et y fera une découverte scientifique capitale en 1907 : Foley aidé de Sergent(2) démontre le rôle du pou, dans la transmission de la fièvre récurrente, et probablement dans celle du typhus exanthématique, grâce à ses observations lors d'une épidémie meurtrière qui sévit de 1907 à 1911.

En 1909 à Tunis, Charles Nicolle (31 confirme l'hypothèse du pou comme agent vecteur du typhus et reçoit le prix Nobel de médecine en 1928 pour cette «découverte».

En 1914 Foley est nommé médecin-chef de hôpital Maillot à Alger. En juin 1916, il est affecté à sa demande sur le front de France, dans la Meuse au 159ème Régiment Alpin.

En janvier 1917, en pleine bataille de la Somme, Foley reçoit le prix Monthyon de l'Académie des Sciences pour ses travaux sur la fièvre récurrente et le typhus, sur le rapport du professeur Émile Roux, directeur de l'Institut Pasteur de Paris.

A son retour en Algérie, en Septembre 19171 il est nommé directeur du service de santé des Territoires du Sud Algérien et travaille en collaboration avec l'Institut Pasteur d'Algérie.

Après 30 années de loyaux services pour la patrie et l'humanité, le médecin principal (correspondant au grade de commandant) Foley devient responsable, à titre civil, du laboratoire saharien de l'institut Pasteur d'Algérie.

Par ailleurs H. Foley se préoccupe de la formation des jeunes médecins appelés à servir dans les Territoires du Sud; il crée un stage de formation à l'Institut Pasteur qui deviendra obligatoire dès 1920. Jusqu'en 1956, Foley va former plus de 300 médecins militaires, qui par la suite contribueront à l'exploration scientifique saharienne rédigeant plus de 150 mémoires, notes et cartographies d'oasis et de régions du grand désert.

De 1912 jusqu'à sa mort, Lyautey entretiendra une correspondance avec H. Foley. Dans ses lettres, Lyautey fera souvent allusion au refus de Foley de venir diriger les Services Sanitaires du Maroc. Ainsi Lyautey écrit en 1915 : «Vous êtes de ceux dont le souvenir m'est le plus cher, et la fidélité desquels je tiens le plus. Certes vous faites votre devoir à Alger, mais je ne me console tout de même pas que vous ne soyez pas ici, auprès de moi, car je n'ai jamais trouvé, depuis 3 ans, l'idoine apte à me mener cette grande machine de l'assistance médicale indigène qui exige une âme d'apôtre, un cerveau organisateur, une large initiative, une science éprouvée. Vous m'eussiez apporté tout cela ( .... ) Qui sait peut être un jour m'annoncerez vous que vous venez et je vous assure que vous seriez reçu à bras ouverts. Votre fidèle : Lyautey».

Henry Foley est décédé le 2 août 1956 à Vignory; il est nommé commandeur de la légion d'honneur à titre posthume.

Durant plus de 50 ans, le Médecin Principal H. Foley a été un exemple de Médecin Militaire et de Médecin Saharien, par ses travaux scientifiques, par son action médicale personnelle et par l'enseignement qu'il a donné aux jeunes médecins militaires des Territoires du sud.

 

 (1)Maréchal Lyautey: 1854- 1934; Promu Général à la division d'Oran en 1906, Résident Général de la République Française au Maroc en 1912, Ministre de la guerre en 1916 et 1917. Il tentait de promouvoir un développement culturel Marocain.

(2) Edmond Sergent : Chef de laboratoire à l'institut Pasteur d'Alger; a travaillé sur le mode de transmission de la fièvre récurrente, du typhus exanthématique, du bouton d'Orient et des ophtalmies. 

(3) Charles Nicolle : 1866-1936 ; Bactériologiste, collaborateur de Pasteur puis directeur puis Directeur de l'institut Pasteur d'Algérie de 1903 à 1936. Prix Nobel de Médecine en 1928 grâce à des travaux similaires à ceux réalisés par Foley en 1907.

 

La Promotion 1996 l'a choisi comme Parrain.

 

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